Guo Fengyi
Du 18 novembre 2011 au 29 avril 2012
Vernissage le jeudi 17 novembre à 18h30
Les peintures majestueuses de Guo Fengyi sont pareilles à des étendards poétiques. Les grands rouleaux de plusieurs mètres de haut présentent des figures historiques, ou ancestrales et divines, dont les visages, féeriques ou monstrueux, apparaissent au cœur de subtils entrelacs témoignant d’une finesse et d’un raffinement hors du commun. La thématique qui domine toute la production de la créatrice chinoise est le corps humain. Les sujets s’entremêlent en un réseau de traits et d’arabesques qui se succèdent et s’apparentent à des fils brodés. Sa quête spirituelle occupe une place primordiale dans son univers graphique.
Guo Fengyi trace rapidement des lignes sinueuses au pinceau. Aux formes abstraites obtenues, elle ajoute ensuite des yeux et une bouche, afin de faire apparaître des visages. A certaines occasions, la créatrice semble esquisser une cartographie organique dans laquelle elle représente les flux d’énergie. Guo Fengyi emploie d’abord comme supports le verso de pages de calendriers, puis des feuilles de papier de riz dont certaines mesurent dix mètres de hauteur. Lorsqu’elle utilise ces longs rouleaux, le papier est déployé au fur et à mesure du travail sur sa petite table, de sorte qu’elle n’appréhende jamais la totalité de son œuvre quand elle peint. Elle procède dès lors par fragments successifs et l’effet de miroir joue un rôle primordial dans la structure des compositions.
La Collection de l’Art Brut expose en permanence des dessins de Guo Fengyi. L’institution lausannoise a bénéficié d’une généreuse donation de près de 100 œuvres représentant plusieurs périodes de sa production. Un court métrage inédit accompagnera l’exposition : Philippe Lespinasse, réalisateur de documentaires sur des auteurs d’Art Brut, a filmé Guo Fengyi sur son lieu de vie, en entretien et en pleine création. Il a aussi rencontré ses proches, et pris des images d’œuvres.

Guo Fengyi
Photo: Philippe Lespinasse.
Guo Fengyi (1942-2010) est née à Xi’an, en Chine. En 1962, elle obtient son baccalauréat, puis elle est employée comme technicienne dans une usine de caoutchouc et de solvants. Cette mère de quatre enfants est atteinte, à l’âge de trente-neuf ans, de crises d’arthrite aiguë et doit cesser son activité professionnelle. Après plusieurs années de souffrance, elle s’initie au Qi-Gong, branche de la médecine chinoise traditionnelle, afin de soulager sa maladie. Elle devient maître de cette discipline qui mène à la contemplation métaphysique et cet art lui ouvre de nouveaux horizons. Elle entame son activité artistique à partir de 1989, suite à l’apparition d’une première figure qu’elle dessine dans son journal intime; dès lors, elle se met à produire un nombre important de peintures. Sa production picturale compte environ huit cents pièces.
La Collection de l'Art Brut tient à exprimer sa gratitude à Gérald Béroud (directeur de Sinoptic), du soutien permanent et du vif intérêt qu’il a manifesté à l’égard de cet événement. L’institution adresse un signe particulier à Zhang Hui, Zeng Zhu, Dong Saijin, Xu Kaizhi, Véronique Terrier, Georges-Marie Schmutz, Blanche Obratov, ainsi qu’à Jean François Billeter qui lui ont apporté leur précieuse collaboration.
Films documentaires sur Gregory L. Blackstock et Guo Fengyi
Depuis une dizaine d’années, la Collection de l’Art Brut et Philippe Lespinasse, réalisateur, collaborent à la production de films documentaires sur des auteurs d’Art Brut. Les titres Gregory Blackstock, l'encyclopédiste & Guo Fengyi viennent s’ajouter aux 19 courts et moyens métrages déjà réalisés. Gregory Blackstock et Guo Fengyi ont reçu chez eux Philippe Lespinasse.
Il a créé un climat favorable à l’échange et permis aux auteurs de livrer, en toute confiance, une partie de leur intimité et de leur manière d’appréhender la création.
Ces films documentaires sont en vente à la librairie de la Collection de l’Art Brut.
*****************************
Blackstock
Du 30 septembre 2011 au 19 février 2012
Vernissage le 29 septembre 2011 à 18h30

Gregory Blackstock dessinant dans l’exposition, Collection de l’Art Brut,
le 29 septembre 2011
Gregory L. Blackstock (1946) inventorie le monde. Il se livre à une classification méthodique et détaillée de toutes sortes d’animaux, d’objets et de plantes, systématiquement légendés en lettres majuscules régulières. Ainsi, dans chacune de ses compositions graphiques, corbeaux, scarabées, accordéons, fouets, chaussures ou avions bombardiers sont alignés, juxtaposés, méticuleusement organisés par groupes, par ensembles, par espèces. Mais l’encyclopédiste n’est pas aussi vertueux qu’il y paraît. Ses inventaires, apparemment objectifs, dérogent subrepticement aux règles de la science pour se décliner avec désinvolture et poésie.

Gregory L. Blackstock
Photo : Philippe Lespinasse, 2010.
Blackstock trouve ses sources dans des dictionnaires ou dans des guides, dont les planches, copies conformes de la réalité, l’inspirent ; mais le dessinateur autodidacte puise également dans sa prodigieuse mémoire. Cependant, très vite, ses compositions s’autonomisent, s’enrichissant grâce à son sens esthétique, graphique et chromatique très prononcé, où la subtile mise en page joue sur des effets d’ordonnance et de symétrie, ainsi que sur la répétition sérielle et la stylisation des figures et des motifs. Par ailleurs, l’auteur n’hésite pas à s’immiscer au sein de ses multiples listes, prenant des libertés, parfois incongrues : il diversifie les couleurs des plumages d’oiseaux, introduit un autoportrait dans une énumération d’objets, ou fait surgir furtivement, dans un catalogue général de chaussures, le soulier à cran d’arrêt d’un malfrat jouant dans un James Bond.
L’auteur d’Art Brut américain est autiste. Il réinterprète l’univers dans la pénombre de son unique chambre encombrée, où, de jour comme de nuit, les persiennes sont closes et les rideaux tirés. L’homme se rétracte dans le huis clos silencieux de son espace de vie et de création, alors qu’à l’extérieur la ville américaine de Seattle vrombit et brille de ses feux.
Blackstock a été plongeur dans le restaurant d’un club sportif pendant vingt-cinq ans ; il arrondissait son salaire en jouant de l’accordéon dans la rue et réalisait des dessins, dont quelques uns ont paru dans le petit journal du club. Au fil du temps, ses compositions ont acquis de l’ampleur pour atteindre une dimension personnelle, surtout depuis sa retraite, en 2001. Désormais, ses oeuvres l’occupent pleinement, fiévreusement.
Première en Europe, l’exposition de la Collection de l’Art Brut, intitulée Blackstock, réunit des oeuvres et un film documentaire créé pour l’occasion.
Nous remercions vivement Gregory L. Blackstock, sa cousine Dorothy Frisch, ainsi que Karen Light-Piña, de leur généreuse donation.
En savoir plus avec le dossier de presse (Deutsch, English)
Zusammenfassung auf Deutsch
Summary in English