La Collection de l'Art Brut collabore avec le Centre d'Art Contemporain de Genève pour l'exposition "Scrivere Disegnando"

03.12.2019 - general

Scrivere Disegnando - Quand la langue cherche son autre 
Une proposition d’Andrea Bellini et Sarah Lombardi
Du 29 janvier au 3 mai 2020 au Centre d'Art Contemporain de Genève (CAC)

La Collection de l'Art Brut prête 120 œuvres de sa collection pour Scrivere Disegnando (« écrire en dessinant »), une exposition sur l’écriture et son double. Y sont passées en revue différentes expériences, du début du XXe siècle à nos jours, dans lesquelles l’écriture abandonne sa fonction de communication pour s’aventurer sur les terres de l’incommunicable, de l’indicible. L’exposition cherche précisément à explorer la tension de la graphie, l’oscillation entre écriture, dans sa dimension proprement sémantique, et la terra incognita de la simple arabesque, de l’automatisme, du signe répété et du gribouillis. Toutes les œuvres présentées habitent un territoire particulier, un terrain vague, dans lequel le geste d’écriture reflète davantage le « vouloir dire » que le « dire » lui-même, et davantage la force du sens que l’acte du signifié, pour paraphraser Giorgio Agamben. Une écriture parfois en délire, poussée au-delà du sens, qui devient trace existentielle et affirmation de soi, mais aussi élément fantastique, métaphore du monde et de ses mystères.

Fruit d’une collaboration inédite entre la Collection de l’Art Brut de Lausanne et le Centre d’Art Contemporain Genève, cette exposition réunit pour la première fois des personnalités très diverses : des artistes historiquement liés à l’art brut, dont certains ont mené leur activité d’écriture dans des maisons de repos et des asiles psychiatriques, ainsi que des artistes contemporains. Ce qui rassemble des personnalités aussi différentes, c’est cette volonté de saisir dans l’écriture un ailleurs, de dépasser la dimension sémantique de la langue pour en explorer librement le potentiel novateur et fantastique.

Le projet se démarque également par la place particulière qu’il fait aux femmes : à celles qui, dès le début du XXe siècle, ont mené des expériences de graphie compulsive, souvent illisible, comme moyen d’expression existentielle dans un monde patriarcal les rendant politiquement invisibles et socialement inaudibles. Le temps de l’écriture est comme un temps de vie, un geste privé, une trace et un instrument d’une connaissance de soi.

Cet ambitieux projet s’enrichit d’œuvres commandées pour l’occasion à des artistes contemporains engagés dans la construction de langues secrètes, d’alphabets imaginaires ou de véritables « langues personnelles ». Enfin, l’exposition est agrémentée d’une série de vitrines qui regroupent d’une part des objets et exemples d’écritures asémiques d’artistes, et proposent d’autre part un panorama historique de l’utilisation de langues imaginaires dans la littérature.

Un catalogue de près de 300 pages richement illustrées sera publié à l’occasion de cette exposition. Il rassemblera des essais spécialement commandés à des curateurs, critiques, artistes, philosophes et universitaires autour des questions d’écriture asémique afin de guider le lecteur à travers ces écritures plurielles. Ainsi, outre les textes d’Andrea Bellini et Sarah Lombardi, ce volume comprendra également des contributions de Derek Beaulieu (poète), Federico Campagna (philosophe), Vincent Capt (chercheur), François Chastanet (architecte et graphiste), Andrea Cortellessa (critique littéraire), Morad Montazami (historien de l’art), Joana Neves (curatrice), Marta Spagnolello (historienne de l’art), Michel Thévoz (écrivain, historien de l’art et philosophe) et Marina Yaguello (linguiste). Des notices biographiques et artistiques sur plus de 100 artistes complèteront cette publication.

Image de couverture : Scrivere Disegnando. Quand la langue cherche son autre écrit dans la police Set in Stone de Ryan Gander.

Centre d’Art Contemporain Genève
Rue des Vieux-Grenadiers 10 
1205 Genève

Ouvert du mardi  
au dimanche 
de 11.00 à 18.00